Pèlerin anonyme !

Humour, état d'esprit, mentalité...
spiritualité, poésie !  

Les Pèlerins et Pèlerines anonymes
www.pelerines.org/hum

Maintenant je sais


Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes,
J'parlais bien fort pour être un homme.
J'disais : «Je sais... Je sais... Je sais... Je sais...»;
C'était le début, c'était l' printemps.

Et quand j'ai eu mes dix-huit ans
J'ai dit «Je sais, ça y est, cette fois je sais».
Et aujourd'hui, les jours où j'm'retourne
J'regarde la terre où j'ai quand même fait les cent pas
Et je n'sais toujours pas comment elle tourne.

Vers vingt-cinq ans j'savais tout
L'amour, les roses , la vie, les sous.
Tiens oui, l'amour j'en avais fait tout l'tour.
Mais heureusement, comme les copains,
J'avais pas mangé tout mon pain;
Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.

Ce que j'ai appris, ça tient en trois ou quatre mots:
Le jour où quelqu'un vous aime, il fait três beau.
J'peux pas mieux dire, il fait très beau.

C'est encore c'qui m'étonne aujourd'hui
Moi qui suis à l' automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse.

Toute ma vie j'ai voulu dire «je sais»
Seul'ment plus j'cherchais et moins j'savais
Y a soixante coups qu'ont sonné à l'horloge
J'suis encore à ma fenêtre, j'regarde et j'interroge
Maint'nant je sais, je sais qu'on n'sait jamais.

La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses
On n'sait jamais ni le prix ni la couleur des choses.
C'est tout c'que je sais. Mais ça, j'le sais.

Jean Gabin (1974)
paroles de Jean Dabadie et Philipe Green

CareWare v.4 Valid XHTML 1.0 Transitional Courriel Version imprimable --Retour à l'accueil